Posted on mars 11, 2010 | Category: 5 - Argentine
Je viens de tomber sur cet article du quotidien Critica : http://www.criticadigital.com.ar/index.php?secc=nota&nid=39021
Globalement l’article explique que les agences de sécurité privées et la police de la province de Buenos Aires sont arrivées à un accord permettant à la dite police d’accéder aux Barrios cerrados plus communément appelés Country. Cet accord fait suite à divers actes de violences et/ou de vol dans un de ces quartiers fermés pour riches argentins. La nouvelle des risques sécuritaires dans ces coins n’est pas vraiment une surprise. Les Country sont des zones de plusieurs dizaines d’hectares totalement en-grillagés et plantés au milieu de nulle-part dans la campagne à quelques dizaines de kilomètres de la capitale. Ces quartiers autistiques pour la bourgeoisie argentine nécessitent un très nombreux personnels allant de la bonne au garde de sécurité en passant par le jardinier, le professeur (il y a des écoles à l’intérieur de certains country, faudrait quand même pas que la jeunesse dorée se mélange avec le vulgaire) et la baby-sister. Vous avez donc des lieux sensés être hyper-protégés où se concentrent des quantités phénoménales d’argent et en face des dizaines de petites mains en général très mal-payées. Le contexte est évidemment explosif et les attaques se font logiquement de plus en plus fréquente.
Mais ce qui me sidère ce n’est pas qu’il y ait des agressions et des vols, mais que la police, jusqu’à aujourd’hui, n’ait pas le droit d’entrer dans les country. N’est-il pas totalement sidérant qu’une partie du territoire d’un pays ne soit pas accessible aux autorités du dit pays. La notion de la propriété est telle ici qu’on arrive à ce genre de totale absurdité. Comment un pays peut-il ainsi laissé tomber une de ses prérogatives essentielle par respect de la sacro-sainte propriété privée ? L’exemple des country marque particulièrement car ils se trouvent à quelques courtes encablures de la capitale, mais de la même manière n’allez pas demander à la gendarmerie ou la police de Chubut ou de Rio Negro d’entrer sur les terres de Benetton et de bien d’autres latifondos américains, australiens, français où je ne sais d’où pour les obliger à laisser l’accès à des lacs, des rivières pourtant tout à fait publics.
Certes la police de Buenos Aires à une réputation absolument détestable et régulièrement des policiers sont impliqués dans des crimes ou des vols, mais les compagnies de sécurité n’ont guère meilleure réputation (beaucoup de vols dans les country sont d’ailleurs l’œuvre de ceux qui sont sensés les protéger), mais cet abandon d’une des principale mission de l’état au privé dans ce qui est des ghettos à riche ne cesse de m’estomaquer.
Il faut avouer que dans un pays où un juge viole la loi en interdisant un avortement thérapeutique, que la télévision publique, il y a encore 2 ans, n’avait pas le droit d’installer d’émetteurs dans une ville où il y avait déjà une télévision privé, où les assassins de 30 000 personnes se font passer pour des victimes, où un lac inscrit au patrimoine de l’unesco est inaccessible car un riche propriétaire possède les terres autour, où les paysans (si ce terme peut correspondre aux latifondos qui polluent ce pays et le reste de l’Amérique latine) se permettent de donner leur opinion sur des sujet comme la présidence de la banque central ou encore l’étatisation de la principale compagnie aérienne, il ne faut s’étonner de rien. Pourtant ils sont capable de trucs tellement énormes que je continue à m’étonner, je dirai même m’espanté. Il est possible qu’en fait je m’étonne que le pays fonctionne quand même un tout petit peu, malgré ses failles institutionnalisées.
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mais pas du tout !
si ça va mal c’est à cause des dictateurs chavez et castro qui force l’argentine à plus de précaution !
t’as vraiment rien compris dul, va relire michel faure… :p
C’est le truc le plus flippant de ces dernières années : en Argentine et ailleurs… comme ces Chinois qui achètent de vastes territoires en Afrique et en Asie. Des bonnes terres arables. Ça craint !
Super article, Dul !
La bise !
ahahah Freak
tu sais que je l’aime bien Michel Faure, j’cause régulièrement avec lui sur l’amérique latine.
Bon son dernier article m’a passablement agacé d’ailleurs j’va lui écrire sur le sujet.
La privatisation de la sécurité je trouve ça affolant
à quand un coup d’état dans un pays important (pas les comores quoi) fomenté par des groupes de sécurité privé ?
On sait ça depuis la Mésopotamie, au moins, que les forces de sécurité, si elles ne sont pas bien payées, se servent chez leurs patrons.
On m’a proposé un détachement de trois ans au Brésil, j’ai refusé. Ca ne me gênait pas de m’expatrier un peu, mais là, en Amsud, je le sens pas pour y vivre. Nulle part d’ailleurs, vu que pour moi il n’y a au monde que deux pays civilisés : la France et l’Italie.
C’est un état de chose qui existe depuis longtemps aux Etats- Unis et ça ne surprend personne.
Tu plaisantes Dodu là : essaye d’empêcher la justice et la police d’enquêter où ils veulent aux USA, tu vas voir…
Ben ouias Hulk, mais je crains que pour de nombreux argentins la Mésopotamie ne représente que cette région :
http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9sopotamie_argentine (la note est bien mieux foutue en espagnol)
Le niveau culturel est assez déplorable.
J’crois qu’un endroit où je ne pourrai jamais vivre c’est sao Paolo.
J’sais pas ce que ça veut dire être civilisé, il n’empêche que j’aime la culture italienne et la française.
J’suis d’accord avec Hulk m’dame Dodu, je ne crois pas qu’il y ait sur le territoire US des endroit hors loi fédérale ou des états. Par contre les américains en Argentine on tendance à croire que la loi américaine et non la loi argentine s’applique sur leur terre. Et malheureusement l’Argentine ne fait pas grand chose pour les contredire.
La propriete, c’est le vol.
J’ai un excellent souvenir de « La Zona », un film mexicain sur le thème des barrios cerrados : http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=130779.html
A voir !
C’est marrant mais dans une moindre mesure, du côté de chez moi c’est la grande mode des immeubles ou des lotissements « sécurisés » avec des caméras et des grilles autour.
On crée l’insécurité petit à petit et puis on la soigne par le plus de sécuritaire, classique, c’est très symptomatique d’une époque…
L’idée a été évoquée dans mon lotissement, à une réunion de copropriété et heureusement elle a suscité un véritable tollé, avec moi en première ligne.
Non seulement c’est dégueulasse mais en plus l’idée de rentrer dans une prison quand je reviens du boulot, pas trop quoi…
C’est un phénomène assez effrayant :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Gated_community